DXT

1997. Après vingt années de scratches et de mixes aventureux, DXT a.k.a. Grandmixer D. St. restait attaché à une certaine idée old school du DJing. Interview passionnée d’une personnalité qui aime à jouer le rôle de trait d’union entre tradition et expérimentation.
Sa renommée, il la doit surtout à Rock It, ce morceau d’Herbie Hancock qui, en 1983, mit la planète à l’heure de la break-dance. A cette époque, Grandmixer D. St. est un DJ très actif et il enregistre abondamment pour son mentor Bill Laswell. On le retrouve ainsi crédité sur de nombreux disques (de Sly & Robbie à Jalal des Last Poets en passant par... Manu Dibango), profitant - ou subissant - l’éclectisme visionnaire du producteur. Sans jamais avoir cessé ses activités, Grandmixer D. St. (devenu entre-temps DXT) a repris le chemin des studios depuis quelques années, et c’est toujours sous la direction de Laswell qu’il participe à des projets plus anticonformistes les uns que les autres. Le dernier en date : Elixir, un étrange trio de DJs/producteurs qu’il dirige de main de maître. Mais avant d’aller plus loin, et comme pour ouvrir les hostilités, DXT nous fait l’honneur d’un petit flash-back old school sur ses débuts dans le métier...

DXT
« Ma carrière de DJ a commencé dans les années 70, quand j’ai voulu m’acheter une paire de platines après avoir vu un DJ qui s’appelle Kool Herc. C’était un des premiers DJs à ne pas passer les morceaux en entier. Il prenait le meilleur de chaque chanson et il le mixait. C’est une légende dans le Bronx car c’était le seul à faire ça. Avant de le voir sur scène, tout le monde en parlait comme d’un phénomène, le génie des platines. J’ai eu l’occasion de le voir et ça a tout déclenché. Mais j’ai toujours été intéressé par la musique. Avant d’être DJ, j’étais batteur et je jouais beaucoup avec des groupes locaux. Quand j’ai entendu parlé de DJ Herc et que j’ai eu l’occasion de le voir... Ce type remplaçait un groupe entier à lui tout seul, uniquement avec une paire de platines. C’était la première fois que quelqu’un faisait ça dans notre communauté. La première fois que je l’ai vu, ça m’a vraiment impressionné. C’est comme ça que j’ai détruit la stéréo de ma mère et pas mal de ses disques, en essayant de le copier ! Puis j’ai trouvé un boulot au Mc Donald, et j’ai travaillé pour m’acheter ma première paire de platines. J’ai ensuite mis cinq mois pour me payer une mixette. Avant d’avoir ma propre paire de platines, j’utilisais le matériel d’autre DJ’s. A l’époque, je faisais plein de soirées. Je quittais le boulot et j’arrivais dans les soirées avec mon uniforme Mc Do, et je prenais les platines. Quand j’ai pu m’acheter mes propres platines, la première, je l’ai sortie de la boîte, je l’ai branchée et je n’ai fait que la regarder. Pendant cinq mois, je n’ai fait que les regarder ! Quand j’ai eu ma mixette, pareil, je l’ai installée et pendant un an, je n’ai fait que regarder mon matériel. J’avais l’impression d’être comme les savants fous au cinéma. Grâce à mon matériel, je n’avais plus besoin de celui des autres et j’ai commencé à faire mes propres soirées. Il y avait une bande de MCs qui m’accompagnaient dans les soirées, et ensemble, on formait une sorte de groupe. En fait, c’était juste un continuation logique de ce que j’avais dans l’idée. Au départ, j’étais batteur, et les platines m’ont juste permis de continuer dans mon idée d’être un musicien. Et j’avais toujours ce désir de jouer de la batterie. J’entends toujours les choses avec l’oreille d’un batteur. Pour moi, le tempo est très important, c’est vraiment un élément capital dans la musique. Puis les choses ont évolué... Après avoir joué dans plusieurs clubs, après que les gens aient commencé à parler de moi et à venir me voir sur scène... Le hip-hop est devenu commercial et tous ces gens plein de frics ont commencé à s’intéresser à cette musique. Ils ont commencé à se demander comment faire du fric à partir de là, sur notre dos, à partir de nos concepts et de nos idées. Dans le ghetto, on ne savait pas trop comment s’y prendre. Ce qu’on voulait, c’était s’amuser, faire notre truc. Comme on voulait que les gens s’amusent, on a accepté pas mal d’offres d’autres personnes qui ne pensaient, elles, qu’à faire du fric. Moi, le petit DJ du ghetto tout naïf, j’ai commencé à accepter pas mal de choses et finalement, j’ai tourné dans un film qui s’appelle Wild Style. Je devais aussi jouer dans un autre film, Beat Street. L’histoire de ce film, c’était en fait la mienne, ils ont vraiment copié ma vie. Comme le caractère principal du DJ était basé sur mon histoire, j’allais faire ce film. Mais finalement, j’ai décidé de ne pas le faire parce que je voulais partir en tournée. A ce moment là, Herbie Hancock m’avait proposé de partir en tournée avec lui. Un peu avant, j’avais participé à l’enregistrement de Rock it. Cette tournée me branchait bien, c’est pour ça que j’ai accepté tout de suite... et le film s’est fait sans moi. Voilà, c’est à peu près ce qui s’est passé dans les années 70 et 80, c’est un peu un résumé de ma carrière de DJ. Après ça, j’ai fait des trucs à droite et à gauche et je suis devenu de plus en plus connu. »

Scratch
« Peux-tu nous parler de Bill Laswell ? »

« Je connais Bill depuis 1981. Notre histoire est connectée avec Herbie. A l’époque, j’étais DJ à New-York, et comme je commençais à avoir une certaine renommée, on m’a demandé de jouer à Paris et un peu partout dans le monde. J’adorais ça. Puis, j’ai rencontré Jean Karakos (patron du label Celluloid. Ndlr) qui m’a lui-même présenté Bill. Et depuis, c’est la fête tous les jours. C’est démentiel. »

« Comment ressens-tu l’explosion actuelle de la scène des DJs, étant donné que tu as été le premier à sortir un album solo en tant que DJ (« Real deep » en 1984. Ndlr). Tu vois ça comme un phénomène de mode ? »

« Je ne pense pas que mon premier album soit vraiment un album de DJ. En fait, j’y ai fait de la musique plus traditionnelle. DJ Spooky, je ne l’ai pas encore vu sur scène mais à toutes les personnes à qui je demande ce qu’elles en pensent, toutes me répondent « C’est pas vraiment un DJ ». Du moins c’est ce que j’ai entendu, je serais assez intéressé de le voir jouer. Personnellement, j’aimerais revenir à un travail de DJ plus pur, plus traditionnel, faire le tour des boites et passer mes disques. Il y a quelques semaines, j’ai assuré les platines dans un club, The Kitchen. Je n’ai pas fait de scratches, j’ai juste passé mes disques comme un DJ de boite de nuit. De ce fait, je suis assez intéressé par ce que font d’autres personnes dans ce domaine... comment elles évoluent, comment elles préparent leurs shows. Moi, je m’intéresse plutôt aux bases du DJing. Mon truc, c’est de passer des disques et de faire bouger les gens. Le gars Spooky, je serais curieux de le voir sur scène, parce que beaucoup de gens en parlent et que j’ai lu pas mal de choses à son sujet. Certains disent que c’est le meilleur DJ du moment, d’autres que c’est pas vraiment un DJ, et moi j’aimerais me faire ma propre idée sur la question. Beaucoup de DJs ne le considèrent pas comme un DJ… »

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Des gens m’ont dit qu’il n’avait aucun talent. Pour un gars qui prend l’appellation de DJ, ça serait un peu le Canada Dry du DJ... Mais j’aimerais bien le voir de mes yeux avant de le juger. C’est vrai qu’il a une mauvaise presse en ce moment, et il jouit d’une mauvaise réputation auprès des autres DJs. Tous ceux à qui j’ai pu parlé m’ont dit que ce type-là n’avait aucun talent, qu’il était vraiment bidon. En plus, ils ne peuvent vraiment pas le sentir. »

 « Ne penses-tu pas plutôt que Spooky est vraiment un très bon DJ, et que tous les autres DJs sont jaloux de lui ? »

« Ouais, c’est peut-être la vérité, c’est peut-être le meilleur DJ de cette putain de
planète... J’ai lu un article sur lui dans lequel le journaliste le descendait en flèche, il disait que c’était un gros nullard... il l’a carrément détruit… »

« Spooky a répondu à cet article… »

« Il a mal répondu à cet article, qui était une attaque directe à sa qualité de DJ. Des interviews, j’en fais très peu moi-même. J’ai peur qu’on m’attaque et qu’on ne me prenne pas en considération, qu’on ne prenne pas en considération mon talent ou du moins mon art. Je n’ai pas envie qu’on me descende comme on a descendu DJ Spooky. Même s’il est nul, ce n’est pas du journalisme, ça. Et lui a été assez con pour répondre de façon virulente aux attaques du journaliste. Moi, je préfère garder mes distances, faire mon truc, et après on verra. C’est pas que je n’ai pas envie de faire des interviewes, c’est juste que je n’ai pas envie d’y réfléchir. Je ne suis pas victime du succès au point de vouloir faire à tout prix des interviewes. Il y a tellement d’autres choses auxquelles je dois penser. Moi, du moment que je fais mon truc et que je m’éclate… »

« Que penses-tu de gens comme Christian Marclay, et plus généralement de la musique expérimentale ? »

« Je suis assez intéressé par la musique expérimentale faite avec des platines. D’ailleurs, j’aimerais diriger un orchestre classique genre philharmonique qui se composerait uniquement de DJs. Cela fait un an que je bosse sur ce projet. A Paris, il y a quelques mois, j’ai rencontré Cut Killer, et il m’a dit qu’il voulait être dans cet orchestre. Je lui ai faxé mon idée... la formation d’un orchestre de trente-trois DJs en vue d’un enregistrement et éventuellement, d’un show à New York. Ce sera ma contribution à l’évolution du travail de DJ. »

« Joueras-tu dans cet orchestre ? »

« Ouais, mais j’y aurai surtout une fonction de chef d’orchestre. Ce sera la continuation d’un rêve que j’ai depuis pas mal d’années... Ce serait formidable, tous ces DJs rassemblés dans un cadre magique, normalement réservé aux orchestres symphoniques... C’est un rêve qui va se réaliser. »

« Sinon, joues-tu dans une formation plus classique ? »

« A l’heure actuelle, j’ai mon propre groupe, The Last Padres, qui joue un mélange de hip-hop, de funk et de jazz. Mon but est d’éliminer tous ces noms. Mettre des étiquettes sur des musiques, c’est de la merde. Du moment que la musique est bonne, pas besoin d’y coller une étiquette. La musique, c’est pas comme un produit dans les supermarchés, un produit sur lequel on est obligé de mettre une étiquette. Pas besoin de dire « ça, c’est du jazz, du funk ou du hip-hop ». C’est de la bonne musique, un point, c’est tout ! C’est ça qui est important. La musique de The Last Padres, c’est une combinaison de toutes ces étiquettes de merde. Ce n’est plus du jazz, du funk ou du hip hop. C’est de la musique pure, celle que j’aime... Mon but, c’est de faire de la bonne musique avant tout. »

« Dans ton groupe, il y a uniquement des platines ou il y a d’autres instruments ? »

« Il y a d’autres platines mais c’est un groupe... un groupe de platines. Je m’intéresse beaucoup à tout ce travail de DJ. J’aime The Invisible Scratch Pickles, j’ai fait quelques dates avec eux, en France et en Suisse. Je vais bientôt partir en tournée en Afrique avec les X-Men. Avec le groupe Each Temples et Rob Swift des X-Men, on fait un travail interactif. Ils sont dans la même branche que moi, et on a déjà travaillé ensemble sur mon projet d’orchestre de DJs. Le fait de travailler avec ces gars me permet de revenir aux fondements mêmes de mon travail de DJ, de revenir aux sources, car j’étais parti dans un tout autre délire... Ils m’apprennent et m’aident beaucoup, et cela me permet de garder ce coté roots du DJing tout en évoluant avec mon temps. Ca me permet d’évoluer avec les nouvelles techniques. Du scratch au maniement des disques, les techniques évoluent et moi, je reste quand même un papy du DJing. Ma technique est bonne mais pas très contemporaine en regard de ce qu’eux sont capables de faire. C’est comme si je revenais à l’école, je réapprends mon boulot. Ca me permet de revenir à l’idée originelle du hip-hop. Beaucoup de gens pensent que le travail de DJ et le hip-hop, ce n’est pas la même chose. Alors qu’en fait, tout ça vient du hip-hop. Le hip-hop, c’est la base de la manipulation des disques : utiliser le meilleur du disque, scratcher, etc... On ne peut pas séparer le travail du DJ de la culture hip-hop. C’est dommage, mais c’est le problème des journalistes en général, qui n’ont pas une bonne connaissance de cette culture. Ils s’imaginent que c’est le MC qui fait la culture hip-hop, alors que les jalons de cette culture ont été posés dans les clubs, par des gens qui manipulaient les disques pour que d’autres puissent s’amuser et danser. C’est encore les journalistes qui font des séparations et mettent des étiquettes là où il ne faut pas. Et tous ces connards mal informés écrivent des articles dans lesquels ils étendent leur peu de connaissances. Ils s’imaginent qu’ils ont la clé de tout, mais ils écrivent n’importe quoi. Moi, je suis retourné à l’école pour apprendre les nouvelles technologies. Eux, ils feraient bien de vérifier leurs petits papiers pour savoir vraiment ce qu’est la culture hip-hop. Il n’y a pas une culture DJ, il y a une culture hip-hop. Tout vient du hip-hop. Le hip-hop, c’est prendre une chanson, la déchirer et la rendre encore meilleure. C’est quelque chose de vraiment dément... On écoute une bonne chanson et on se demande comment la rendre encore plus géniale, comment mélanger cette ligne de basse avec cette batterie... Dans le monde entier, des gens ont de telles idées, et ils ressentent le besoin de mélanger les musiques, de prendre le meilleur de chaque morceau et de tout mélanger. »

Propos recueillis par Alex Mony
Traduction MC2
Mixage DJ X

en écoute DXT feat. Shorty Black /Bootsy Collins / Greg Fits / Bernie Worrell

  If 6 Minutes Was 9 Minutes 

Discographie sélective

Herbie Hancock
« Future Shock » (CBS)
Herbie Hancock
« Sound-system » (CBS)
V/A
« Roots of rap - The 12 inch collection Vol.1 » (Celluloid)
« Altered Beats » (Axiom)
Mutiny
« Aftershock 2005 » (Black Arc)
Bill Laswell
« APC tracks Vol.1 » (APC)
« APC tracks Vol.2 » (APC)
The Last Poets
« Time Has Come » (Mouth Almighty)
Praxis
« Transmutation Live » (Gravity)
Elixir
« Hegalien Zone » (Ion)

JUNGLE BROTHERS

Avec son l’album Raw Deluxe, sorti en 1997, le groupe le plus sous-estimé du hip-hop américain revient en force et met les pieds dans le plat.

1997. Cela peut paraître difficile à croire, mais çela faisait déjà dix ans que les Jungle Brothers et le collectif des Native Tongues écrivaient les lettres de noblesse du hip-hop. Dix années tumultueuses, avec des hauts glorieux et des bas déprimants. Mais là où d’autres avaient connu l’ascension et la chute, les Jungle Brothers, eux, combattaient encore. Dans un genre où beaucoup parlaient de longévité mais où bien peu arrivaient à rester sur le devant de la scène, ils avaient réussi à survivre en évitant tous les pièges du business tout en conservant leur intégrité. Et si, comme certains l’affirmaient, le hip-hop était en pleine crise créative, eux ne semblaient pas l’avoir remarqué et cela ne les avait, en tout cas, pas affecté le moins du monde. En 1997, ils revenaient dans l’arène avec leur album Raw Deluxe, onze morceaux plein de beats, de méchantes rimes et de bonnes vibrations.
« Nous avons voulu produire un hip-hop de la plus haute qualité » affirme Afrika Baby Bam. « Ca a pris un moment, mais je pense que nous avons atteint le but que nous nous étions fixé et que le public est plus que prêt maintenant ! ».
Pour retrouver les vraies racines des Jungle Brothers, il faut revenir quelques années en arrière, à l’époque où le hip-hop naissant représentait un esprit 100% positif. Une époque où les graffitis commençaient à envahir les coins de rue, les parcs et les métros new-yorkais, une époque où sévissaient Afrika Bambaataa et sa Zulu Nation (dont les JBs seront plus tard des membres éminents), les Treacherous Three et les Cold Crush Brothers. C’est cet univers qui va servir de cadre aux années d’apprentissage de Nathaniel « Afrika Baby Bam » Hall, Mike G et Sammy (a.k.a. Swett Daddy), qui deviendront bientôt les Jungle Brothers.
« Nous connaissions Red Alert parce qu’il était l’oncle de Mike G. Red faisait régulièrement le DJ au Roxy et venait juste de commencer à faire une émission sur Kiss FM à New-York » explique Sammy. « Il nous amenait toujours à ses soirées et on allait à Kiss FM avec lui ». Après l’avoir observé, Sammy s’est procuré des vieilles platines et a commencé à mixer. Avec le support et les encouragement de Red Alert, il est devenu assez bon pour arriver à remplacer Red quand celui-ci s’absentait. Red Alert les a finalement tous emmené en studio pour qu’ils y enregistrent leur première démo et c’est lui qui leur a arrangé leur premier contrat avec Warlock Records.
Petit à petit, les JBs arrivent à se faire connaître et à gagner le respect du milieu underground, ce qui les pousse finalement à enregistrer un album. Dans un petit studio perdu de Coney Island, ils produisent Straight Out The Jungle, un grand classique du hip-hop qui, tout en restant en marge des productions du moment, contribue grandement à l’évolution du genre. L’album sort en 1988 sur le label Gee Street et contient notamment l’excellent Jimbrowski, un morceau en hommage au meilleur ami de l’homme construit sur un sample du Good Old Music de Funkadelic.
L’année suivante, le trio revient en studio et enregistre un deuxième album, Done By The Forces Of Nature. Le disque est encore plus funky, bourré de scratches, de beats irrésistibles et de textes intelligents d’inspiration pro-black. A cette époque naît le collectif des Native Tongues qui comprend, outre les JBs, De La Soul et A Tribe Called Quest. Tandis qu’Afrika Baby Bam produit le premier album de Monie Love Down To Earth, les Jungle Brothers au complet bossent abondamment avec ATCQ et plus sporadiquement avec De La Soul. Parallèlement à ces collaborations fructueuses, Done By The Forces Of Nature ne se vend pas aussi bien que prévu, malgré ses qualité évidentes.
Durant les trois années qui suivent, l’activité des JBs va s’en trouver réduite. En 1991, ils amènent leur contribution à la musique du film Livin’ Large et participent, aux cotés de Sly & Robbie et de plusieurs membres du P-Funk, à l’enregistrement de l’excellent Third Power de Material, produit et conçu par Bill Laswell.
En 1993, les Jungle Brothers réalisent le génial J. Beez With The Remedy, leur troisième album, qui marque un changement de direction pour le trio. Aux cotés de véritables bombes hip-hop comme

  Forty Below Trooper 

ou I’m In Love With Indica, l’album contient des plages expérimentales absolument hallucinantes qui ne manquent pas de dérouter l’amateur de base.
Les JBs décident alors de repenser leur stratégie. « A l’origine, avec Warner Brothers, on avait mordu à l’hameçon parce qu’on voyait le fric à la clé. Mais quand tu l’obtiens, ce fric, tu réalises que les travaux d’un gros label ne sont rien à coté de ceux d’un label indépendant. Nous avons été avec Warner Bros. pendant quatre ou cinq ans, ils nous ont dépouillé, vidé, alors ça a été fini. Nous avons fait des erreurs, mais cela nous a permis d’apprendre ». Mike G continue : « Ce que nous avons, la raison pour laquelle nous sommes encore ensemble, c’est notre amitié. Si nous n’avions pas été amis et si nous avions juste fait ça pour l’argent, on se serait séparé à l’heure qu’il est. Pour nous, faire partie des Jungle Brothers, c’est une question d’amitié ».
Raw Deluxe marque le retour des Jungle Brothers sur le devant de la scène hip-hop. Un album qui les voit un peu plus vieux, plus sages, plus matures, une évolution spirituelle qui apparait dans leur travail. « Nous sommes chefs de famille maintenant, ce qui nous rend plus responsables vis à vis de nos paroles et de nos actions. Nous réalisons que ce que nous faisons a des conséquences, alors nous faisons attention à ce que nous disons et à ce que nous faisons. Nous nous respectons nous-même et nous respectons les autres, mais cela ne veut pas dire que nous nous sommes ramollis, bien au contraire ! » dit Mike G., Afrika et Sammy approuvent.
Interrogés à propos de leur retour sur le label Gee Street : « Nous sommes de vieux amis, c’est un peu comme si nous revenions à la maison ». Afrika Baby Bam sourit. « Quand nous traitons avec eux, c’est le business, mais nous savons qu’ils travailleront à ce projet du mieux qu’ils le pourront ».
Raw Deluxe est entièrement produit par les Jungle Brothers, à l’exception de deux titres produits par Roc Raider et Djinji Brown (déjà remarqué chez Jean-Paul Bourrely et Shä Key). L’album exhale un parfum de spontanéité, de fraicheur, à l’image du morceau Moving Along dans lequel les JBs tirent leur chapeau aux glorieuses années de la old school. « Nous sommes comme neufs, nous renaissons. Cette vibe, ce feeling présent sur notre album n’est pas quelque chose de forcé, cela nous est venu tout naturellement » explique Afrika Baby Bam.
Dix ans après leurs débuts, les Jungle Brothers ne montrent aucun signe d’affaiblissement, ils peuvent encore envoyer la sauce avec la même fraicheur que dans leurs années d’apprentissage. Le mot de la fin sera pour Afrika Baby Bam : « Nous avons été confrontés à de grosses difficultés, mais nous en sommes venu à bout en renforçant sans cesse notre amitié, et c’est pourquoi nous sommes encore ensemble après toutes ces années. Je suis heureux d’en être là où j’en suis et je pense que Mike et Sammy le sont aussi ».

Discographie

1988 « Straight Out The Jungle » (Gee Street)
1990 « Done By The Forces Of Nature » (Warner Bros.)
1993 « J. Beez Wit The Remedy » (Warner Bros.)
1997 « Raw Deluxe » (Gee Street)

X-Men

The X-Men, c’est bien sûr le nom d’une BD culte pour des millions d’amateurs de comics américains, mais c’est aussi celui d’un rassemblement de quatre deejays new-yorkais en folie qui répondent au noms de Rob Swift, Mista Sinista, Roc Raida et Total Eclypse.

Chacun de ces DJs peut s’enorgueillir d’avoir gagné un ou plusieurs titres de compétitions prestigieuses, à l’échelle nationale et internationale. En surnombre si on les compare à leurs grands frères du Rock Steady Crew, les Invisible Scratch Pickles, ce quadruple duo de MK2 semble avoir pris au pied de la lettre le dicton « l’union fait la force ». Par le passé, vous aurez pu entendre certains des X-Men mixer pour les Jungle Brothers, Showbiz & AG, Artifacts, Larg Professor, The Beatnuts, Fat Joe, Sadat X, Lord Finesse, Akinyele et Common Sense... un curriculum vitae qui se passe volontiers de commentaires ! On aura du aussi supporter leurs méfaits sur plusieurs compilations capitales : Altered Beats (Axiom), Valis 2 (Ion), Subterranean Hitz Vol.1 (Wordsound), Deep Concentration (Om), ainsi que sur les deux volumes du Return Of The DJ (Bomb). De son côté, Rob Swift a sorti en début d’année un premier album solo, Soulful Fruit, sur lequel il invitait, outre ses inséparables collègues des X-Men, le Godfather of Noyze Rahzel et le fabuleux DJ Babu. Une tuerie !
Comme les Invisible Scratch Pickles, les X-Men ont signé cet année sur le label new-yorkais Asphodel. Comme nous l’explique le patron Mitzi Johnson, la politique de la maison est sans détour : « Nous avions déjà travaillé avec les X-Men par le passé, et ils avaient apprécié l’esprit du label, notre sens de la communauté. Asphodel est un label qui soutient des musiciens venant de milieux musicaux très différents. Avec les X-Men, nous n’avons eu qu’à nous tenir en retrait de l’action, à les regarder développer leur incroyable langage musical ». Les X-Men - rebaptisés X-Ecutioners pour l’occasion - sortent donc un premier album chaud-bouillant intitulé X-Pres-sions, une œuvre unique que l’on qualifiera de... collective. En effet, n’hésitant pas à jouer de huit platines à l’unisson, nos quatre super-DJs créent la surprise quand l’un se charge de la ligne de basse, les autres s’occupant respectivement du beat, des cuivres et des scratches ! Lorsqu’ils invitent quelques MCs à venir s’exprimer sur leurs versions mutantes, le résultat est un rien plus conventionnel, quoique d’une grande fraîcheur. Ainsi se croisent les raps poétiques sans rimes obligées de Halex the Armageddon (Poetry in motion) et les flows techniques de Gudtyme (sur le single Musica negra) épaulé par Pliz, World, Kukoo ou encore Creature, Taboo, E-Bros et Anikke. Quand on vous dit que les représentants du hip hop lorgnent de plus en plus vers les tentatives expérimentales de leurs collègues...

Grandmixer DJ X vs. MC Kopath

Rob Swift « Soulful Fruit » (Stones Throw)
X-Ecutioners « X-Pressions » (Asphodel)
X-Men « Musica Negra - EP » (Asphodel)

Questlove from The Roots

Après le concert incensé de The Roots du 7 mars 1997, la communauté hip-hop marseillaise est restée sur le cul. Exclusivement pour les lecteurs de Scratch, interview de Quest Love, le batteur, un groupe qui ne cessera jamais de nous surprendre ...

Vendredi 7 mars. 0h29. Quelques badauds encore sous le choc traînent leur mine hallucinée devant le Théâtre du Moulin alors que souffle un resquit du mistral de la veille. « Putain ! Qu’est-ce qui c’est passé ? » se demandent encore ceux que la consommation de gros spliffs n’a pas rendu totalement amorphes. Trois heures auparavant, quand les Roots ont investi la scène, tout semblait se passer normalement. Quelques classiques au programme, six ou sept compos du groupe jouées live, tout ce qu’il y a de plus naturel, quoi ! Puis soudain, ça a commencé ... et pendant l’heure et demie suivante, le bon millier de personnes présentes aura pu assister à un medley les plus incroyables de toute l’histoire du hip-hop, une espèce de gigantesque collage de mini-reprises qui allaient de Method Man à George Clinton en passant par ATCQ, Public Enemy, le Sugarhill Gang et plein d’autres bijoux old school oublié ou non-identifiable. Au milieu de tout ça, un solo de batterie bien senti d’un bon quart d’heure, un solo de basse apocalyptique sans oublier le clou du pestacle, je veux bien sûr parler de l’incontournable Godfather Of Noize Rahzel, the real Robocop of hip-hop... « Une putain d’overdoze de supa hip-hop dope shit directly injected dans tes vaisseaux sanguinolants, man ! » déclarait Radikul à un journaliste du Provençal. En d’autres termes, un concert qui restera longtemps gravé dans les mémoires marseillaises ...

Scratch
« Quels sont tes racines personnelles ? Quelle est la musique avec laquelle tu as grandi ? »

B.R.O.T.H.E.R. ?
« Je joue de la batterie depuis que j’ai deux ans. Mon père avait au moins 9000 disques. J’écoutais de tout : Bill Withers, Les McCann, Coltrane, Jackson 5, War ... Les ingrédients principaux étaient beaucoup de soul. Les dix premières années de ma vie je voulais être D J, même si je jouais de la batterie. J’ai acheté des platines pour m’entrainer, c’est pour ça que j’écoute plein de trucs différents. Mes deux grosses influences sont James Brown et Average White Band. »

« Pour le funk dans ton jeu … »

« Ouais, ouais …. »

« En parlant de jazz, vous avez été un des premiers groupes à inclure de vrais éléments de jazz dans le hip-hop. Je parle de vrai jazz, pas le jazz bien propre sur lui. »

« Je vois ce que tu veux dire … »

« Des mecs comme Steve Coleman, Joshua Redman et David Murray ont joué sur vos disques. Comment vous êtes-vous rencontré ? »

« Avec la majorité de ces mecs, on s’est rencontré en dehors de la musique, des soirées. On a appris à se connaître et j’ai fini par voir qui c’étaient. Steve Coleman, par exemple, était toujours chez mon manager qui était un des plus grands DJ de jazz de Philly. C’est comme pour Cassandra Wilson, on était assis sur un divan, un jour, et je lui ait dit en rigolant « On m’a dit que tu chantais un peu », et on sait très bien que c’est une des meilleures chanteuses du monde. En fait, on s’est rencontré comme ça et mon manager a fait en sorte qu’on travaille avec les bonnes personnes. »

« En parlant de jazz, est-ce que vous avez des notions d’harmonies parce que quand on écoute certains de vos morceaux les progressions sont faite d’accords assez complexes ? »

« Bien que j’ai appris moi-même à jouer de la batterie vers six ans, j’ai pris un prof. Et Hub, le bassiste, a été au conservatoire et a étudié la musique classique pendant les vingt premières années de sa vie. Kamal, le pianiste, vers cinq ans, son père lui a dit « Tu vas jouer du piano ». Il arrivait pas à la hauteur du clavier, mais jouait comme Duke Elligton. A nous tous, on a cent ans d’expérience musicale. »

« En parlant de batterie, qui sont tes batteurs favoris ? »

« Le grand Tony Williams qui vient de mourrir, c’est une de mes idoles, j’écoute « Papa » Jo Jones, Philly Joe Jones, Max Roach… »

« … une peu de Elvin .. ? »

« Ouais, bien sûr. Mais le batteur sur lequel j’ai polarisé est Steve Ferrone du Average Withe Band. John Bonham de Led Zeppelin, je l’ai vraiment accroché plus tard. Il avait un contrôle fantastique. J’ai des vidéos sur Led Zep’ et je n’avais jamais compris comment quelqu’un pouvait jouer pendant quatre heures durant. Il utilise toutes les parties de son corps, pour pas se fatiguer trop vite. »

« Connais-tu James Blood Ulmer (le guitariste d’Ornette Coleman), il a une chanson, « Jazz Is The Teacher, Funk Is The Preacher » et le Hip Hop c’est quoi ?

« Si le Jazz est le professeur et le Funk le prêcheur ... alors le Hip Hop c’est le fils adoptif. » (rires)

« Bonne réponse. C’est la dernière question de la série jazz. Parlons de David Murray, il a l’air très intègre vis-à-vis de la musique (Amhir acquiesce l’air grave). Il a déclaré « Pas de sample pour David ». Il a joué un solo assez long et vous en avez gardé que 50 secondes. Comment a-t-il réagi à ça ? »

« Les morceaux du CD ont un temps limité. On a essayé de caser ce morceau mais on n’a pas eu la place. Déjà le CD fait dans les 77 minutes. Cela nous a pris au moins neuf prises pour l’enregistrer. Je jouais de la batterie genre « Boum, boum, tchac » et lui était là « Hiiihh !! Hiiihh !!! (il imite un sax free) et nous sommes restés bouche bée. Il nous demandait si tout allait bien... et on se remettait à enregistrer. Il est hallucinant. On était presque mal à l’aise... J’avais vu David en concert à Paris en octobre. Il a un son tellement excellent que je recommande aux gens de le voir avant qu’il meure. »

« Maintenant que vous semblez avoir du succès, pensez-vous que vous pourriez perdre quelque chose ? »

« Pas vraiment parce que, encore plus que pour le jazz, ma préoccupation est que le hip-hop reste fidèle à lui-même. Déjà, celui que j’ai écouté en grandissant n’existe plus. On essaye de garder la flamme du hip-hop vivante avant même d’aller plus loin dans l’expérimentation. Le prochain album qu’on enregistre en ce moment devrait sortir en février 1998. Pour le titre potentiel, c’est Things fall apart. Ce sera notre meilleure album sans aucun doute. »

« On l’attend avec impatience. Est-ce que le concert de ce soir était en partie improvisé, avez-vous un fil conducteur pour le live ? »

« Oui, mais il faut réagir au public, si il nous demande une chanson, on suit. C’est ça qu’il y a de bien lorsqu’on est un groupe live, on peut changer le cours du concert selon l’humeur. Si on jouait avec DAT on pourrait pas faire ce genre de truc. »

 « Sur les crédits de votre dernier album, vous dites que Black Thought est le seul rapper à être couché à une heure du matin, il est couché, là ? »

« On est tous 100% nocturnes. Moi, j’en suis au point ou je ne dors que trois ou quatre heures par nuit. Mais lui, il faut qu’il dorme bien, chez lui c’est un besoin physique. »

« D’après les crédits sur le disque, aussi, vous appelez votre mixeur / ingénieur du son, Bob "Allez les mecs" Power ou Bob "J’essaye de travailler moi" Power. Vous avez l’air de vous être amusé pendant l’enregistrement du disque. Comment était l’atmosphère en studio par rapport au précédent album Do you want more ??!!??

« En fait, pour Do you want more ??!!??? on a gaspillé plein d’heures... On était beaucoup plus disciplinés sur Illadelph Halphlife, c’était peut-être moins spontané mais beaucoup plus sérieux. Je le taquine un peu, Bob Power. J’aime bien écrire des commentaires marrants sur les disques pour les gens qui lisent tout de A à Z… »

 « Pourquoi numérotez-vous les titres sur chaque disque où vous vous en étiez arrêtez sur le précédent ? Par exemple le dernier Roots va de 33 à 54 au lieu du traditionnel 1 à 24, par exemple. Est-ce pour rendre la tâche difficile de sélectionner les titres à la télécommande pour l’auditeur ou bien pour montrer la continuité dans votre œuvre. Jusqu’à quel numéro pensez-vous aller ? »

« Je serais satisfait quand on en sera à la chanson n°100. Mais sinon c’est vrai, Organix allait de 1 à 17, Do You Want More ???!!?? de 18 à 33, Illadelph Halphlife de 34 à 54 et Things Fall Apart ira surement de 54 à 70 en gros ... et on continuera le plus loin possible … »

 « Votre premier album « Organix » est très difficile à trouver. Comptez-vous faire quelque chose, réédition ou quoi ? »

« Tu vois, on essaye de contrôler le maximum sur Organix. On pourrait facilement le lâcher à Geffen et eux ils le ressortiraient mais on aimerait en garder le contrôle. Pour l’instant on pourrait en ressortir un certain nombre. Si on avait $ 100.000 on pourrait en ressortir 400.000 copies, en ce moment on essaye d’économiser un maximum. C’est en train de se faire, c’est lent, mais ça arrive. Et Organix, c’est l’album que Geffen ne contrôlera jamais… »

« Est-ce que vous pensez un jour sortir un album exclusivement digital ? »

« En fait, c’est un de mes rêves ... Pour le cinquième album on fera un truc comme le Bomb Squad pourrait faire. Mais Things Fall Apart, notre quatrième album, sera le plus risqué, le plus musical et en fait celui qui sonnera le moins hip-hop des quatre premiers, pour le cinquième ce sera différent. »

« Pouvez-vous nous dire deux mots de vos collaborations, vous avez parlé d’Erykah Badu. Que pouvez-vous nous dire de votre collaboration avec Steve Williamson, DJ Krush ou Bahamadia ? »

« Steve, il est fou. Il est vraiment plus allumé que nous, c’est celui qui nous a donné le goût des rythmes composé, des trucs en 7/8 par exemple. On l’entend sur ses albums, il nous a ouvert l’esprit, lui et Greg Osby. C’est deux là on vraiment été essentiels pour nous tourner vers des choses moins conventionnelles. Avec Greg on a pas mal jammé pendant la période Organix. Quand à DJ Krush, c’est drôle, quand on travaille avec lui. Il parle pas anglais, nous pas un mot de jap, mais on a très bien communiqué par la musique. Bahamadia, on travaille sur son projet en cours son album s’appellera B. Girl Sessions. Décidément, ça vous fait pas mal d’exclusivité, rien que pour vous, personne d’autre ne le sait ... Elle devrait le sortir en septembre, elle a plein de monde sur l’album comme Chubb Rock, Funky 4+1, The Sequence, des gens de la old-school. »

« Ouais, en parlant de Old School, ce qui nous a aussi plu ce soir c’est que vous êtes un peu revenus aux sources. Juste le beat et la voix, y avait un côté à l’ancienne qui nous a fait plaisir. Est-ce que vous faîtes ça souvent en live, ou est-ce que vous réagissez au public ? »

« Avant, on le faisait pour le sport. Mais, en 1997, c’est une nécessité. Je ne me soucie pas vraiment de faire l’entertainer. Sur scène certains font les bêtes de scène et le public fait « Yeah ! ». Nous on fait aussi les historiens du mouvement, on l’enseigne aux gens. Ca peut sembler anecdotique, mais c’est important, l’histoire doit être connue des gens. Les Fugees font ça aussi, et c’est bien. »

« Comment vous situez-vous par rapport au Native Tongues ? (association de ATCQ, Jungle Bros., Black Sheep ….) »

« Nous, on en ferait partie mais pas officiellement (il se marre). C’est là que se trouvent mes groupes préférés. On est sur un titre du dernier Jungle Brothers et Q-Tip et moi on discute tous les jours, et avec Star Wars qui ressort je dirai que Tip c’est un peu mon Yoda personnel. Ali et moi sommes dans le même groupe. Ca, peu de monde le sait, mais Ali joue de la basse. On a commencé ce projet avec D’Angelo, Raphaël Saadiq de Toni Tony Toné, Ali Shahid Muhamed, Spanky le type qui joue les guitare sur What They Do et moi-même. On essaie de sortir un album et je serai sur le prochain album de D’Angelo. »

« Dernière question, question bateau ...Comment voyez-vous le futur du Hip-hop ? »

« Hmmm ... Bon, je vais essayer de ne pas être trop pessimiste. Je dirai pas que le hip-hop est mort mais ... si je le laissais mourrir dans mon esprit il le serait bel et bien. Je n’aime pas trop ce qu’il est en ce moment. »

Propos recueillis par DJ Stiff
interview parue dans la revue Scratch n°7, mars 1997.