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Hugh Masekela

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The Lasting Impressions Of Ooga Booga

Alors que Sony Jazz publiait l’album de Hugh Masekela Notes Of Life, Verve eu la très bonne idée de rééditer deux anciennes galettes du trompettiste, témoignages d’un concert donné au Village Gate à New York un soir d’été en 1965. The Lasting Impressions Of Ooga Booga, le titre de ce disque, est une curieuse contraction des titres des deux albums originaux, The Americanization Of Ooga Booga et The Lasting Impression Of Hugh Masekela, et on peut déjà déplorer le fait qu’une des plages figurant sur l’enregistrement original ait du être supprimée en raison de la limitation du timing imposé par le pressage laser. Pourquoi ne pas avoir ressorti ces bandes sons sous la forme d’un double CD ? Enfin, passons...
Tout d’abord, pour bien savoir de qui on parle, une petite biographie s’impose. Hugh Masekela est né en 1939 à Witbank, en Afrique du Sud. Tout petit, il apprend le piano mais dès l’âge de 14 ans, il se met à la trompette. Il commence sa carrière en jouant de la musique de danse dans des groupes à Johannesburg, et à 20 ans, il fait partie de Jazz Epistles aux cotés du pianiste Abdullah Ibrahim. Victime de la politique de discrimination raciale de l’Apartheid en Afrique du Sud, il émigre à Londres dès 1959 puis à New York en 1960. L’année suivante, il enregistre pour la première fois mais ce n’est qu’en 1964 qu’il crée sa propre formation. Influencé par Louis Armstrong et Freddie Hubbard, il adopte tout naturellement les structures formelles propres au jazz de l’époque. Mais sa musique n’en reste pas moins profondément enracinée dans sa propre culture africaine et se construit autour des sons de son pays natal. Pour la qualifier, Masekela emploie le terme de Township Bop. En effet, l’Afrique est toujours très présente dans son art, que ce soit dans son chant, son jeu à la trompette ou ses compositions. Ainsi, dans The Lasting Impressions Of Ooga Booga, des titres très africains comme Bajabula Bonke, Dzinorabiro ou Abangoma alternent avec d’autres plus américains : une reprise de Cantaloupe Island, un standard incontournable signé Herbie Hancock, ou encore Mixolydia, une composition dédiée à Miles Davis et John Coltrane.
Etrange entreprise que celle de ce musicien qui tente une fusion directe entre deux cultures, même si ce procédé est aujourd’hui monnaie courante dans ce que l’on appelle la world music. Mais Hugh Masekela ne s’arrêtera pas là. Au début des années 70, il enregistre plusieurs albums dans un contexte nettement plus funky pour le producteur Stewart Lerine.
Depuis ce temps, Hugh n’a cessé d’enregistrer et en 1991, après la libération de Nelson Mandela et le démantèlement de l’Apartheid, il peut enfin rentrer en Afrique du Sud. Aujourd’hui, il vit à Johannesburg où il crée des programmes musicaux éducatifs pour venir en aide à la jeunesse, tout en sortant un disque de temps en temps. Les temps ont changé, bien sûr, mais Hugh Masekela reste un musicien réellement passionnant.


Grandmaster DJ X [Scratch / 1997]